La presse en parle

Dans une tribune parue le 21 avril, des généraux à la retraite dénoncent le « délitement » de la France et se déclarent « disposés à soutenir les politiques » défendant « la nation ». Ce texte a déclenché un emballement politico-médiatique allant jusqu’à l’annonce de sanctions par le ministre des Armées Florence Parly.

Réaction de Me Gilles-William Goldnadel, qui assurera la défense de militaires en cas de procédure.

L’animateur du site Place d’armes, le capitaine Bernadac, est un des premiers signataires de la tribune parue dans Valeurs actuelles. Il vous a demandé d’assurer sa défense en cas de procédure. Pourquoi défendre ces officiers ? Que pensez-vous de cette tribune ?

 

On est vraiment dans un fantasme instrumentalisé. Il fallait tout de même oser. Beaucoup de choses sont invraisemblables, dont on devrait peut-être rire plutôt que de pleurer. C’est d’abord la dénaturation du texte. Venir dire que c’est un texte séditieux alors que pas un seul mot n’appelle à la sédition… C’est un texte que j’aurais pu signer, comme il m’arrive parfois d’en écrire, où je décris la triste situation française, le drame que vivent certaines personnes en banlieue ou encore les problèmes de terrorisme et d’insécurité. Il a été signé par des militaires dont certains sont encore d’active.

Je peux comprendre que l’on pourrait y voir, pour cela, un manquement à l’obligation de réserve, mais dans ce cas-là, c’est une peccadille. Certains magistrats en activité, sous couvert de syndicats, ont fait mille fois pire. Je me permets de vous rappeler que lorsque la présidente du Syndicat de la magistrature a mis sur son mur des cons des noms de ses opposants politiques ou des parents de petites filles assassinées, Mme Taubira, ministre de la Justice, ne l’avait même pas blâmée.

Elle a dit que c’était de la compétence du Conseil supérieur de la magistrature. Le Conseil supérieur de la magistrature est très pointilleux en matière de séparation des pouvoirs. Les magistrats en activité pourraient parfaitement passer outre leurs obligations de réserve, mais pas les militaires, et notamment la plupart à la retraite.

Lorsqu’on voit M. Mélenchon trouver les moyens de considérer que c’est un appel au putsch, alors qu’il y a quelques mois, il appelait à l’insurrection, on est dans le fantasme…

 

 

Comment expliquer le fait que le gouvernement et La France insoumise entament, depuis quelques jours, une sorte de pas de danse commun où ils se répondent mutuellement à celui qui condamnera le plus cette initiative ?

 

Le gouvernement et le chef de l’État ont un besoin existentiel de diaboliser. J’ai cru comprendre que le gouvernement était réactif dès l’instant où Marine Le Pen avait dit son approbation et en avait appelé à ce que les militaires la rejoignent. C’est surtout à ce moment-là qu’on a trouvé bien des péchés au texte des militaires. Quant à Mélenchon, il a beaucoup de problèmes existentiels et rue dans les brancards.

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